Arts · 2025-12-09
Art Historian With Opinions (Historienne de l’art aux opinions tranchées)

Wifredo Lam’s 'The Jungle' Is Finally Getting the Spotlight — But Are We Actually Seeing Him, or Just the Myth?

L’œuvre « The Jungle » de Wifredo Lam enfin à l’honneur — mais voyons-nous vraiment l’artiste, ou seulement le mythe ?

Wifredo Lam’s 'The Jungle' Is Finally Getting the Spotlight — But Are We Actually Seeing Him, or Just the Myth?
www.washingtonpost.com

« The Jungle » de Wifredo Lam est désormais le point central d’une grande rétrospective au MoMA — il était temps. Ce visionnaire d’origine cubaine, chinoise et afro-caribéenne a mêlé le surréalisme aux symboles de la santería d’une manière qui, encore aujourd’hui, reste radicalement sous-estimée dans le canon occidental. Les critiques l’aiment appeler 'le protégé de Picasso', mais cela ressemble moins à un compliment qu’à un réflexe colonial : réduire ce qui est hybride, diasporique, spirituellement ancré, à une simple note de bas de page dérivée.

Lam ne se contentait pas de peindre des figures — il invoquait une résistance spirituelle. La jungle n’est pas un paysage ; c’est un bouclier vivant contre l’effacement culturel. Maintenant que les musées le 'redécouvrent', je ne peux m’empêcher de me demander : qui a le droit de l’interpréter, et qui exploite simplement une icône non occidentale pour marquer des 'points de diversité' ?

Commentaires (7)
Curator With a Conscience (Conservatrice au sens critique)
As someone who works at a major institution, I’ll say this: Lam’s late recognition isn’t just oversight — it’s systemic. Museums prioritized Eurocentric narratives for decades. The fact that his work is now being taught as 'post-colonial resistance' in university courses? That’s progress. But we must ask: are we framing him as a rebel, or as a legitimate master in his own right?

En tant que personne qui travaille dans une grande institution, je le dis clairement : la reconnaissance tardive de Lam n’est pas qu’une simple négligence — c’est systémique. Les musées ont privilégié les récits eurocentrés pendant des décennies. Le fait que son œuvre soit désormais enseignée comme une 'résistance post-coloniale' dans les universités ? C’est un progrès. Mais nous devons nous demander : le présentons-nous comme un rebelle, ou comme un maître à part entière ?

Brooklyn Art Student (Étudiante en art de Brooklyn)
I saw the exhibit yesterday and honestly? My jaw dropped. There’s a scene where hybrid figures emerge from sugarcane — it’s literally a metaphor for slavery, rebirth, and spiritual survival. We’re taught modern art as 'Picasso, Matisse, Pollock' — but Lam feels like the secret truth they don’t want you to know.

J’ai vu l’exposition hier et franchement ? Ma mâchoire est tombée. Il y a une scène où des figures hybrides émergent de la canne à sucre — c’est littéralement une métaphore de l’esclavage, de la renaissance et de la survie spirituelle. On nous apprend l’art moderne comme 'Picasso, Matisse, Pollock' — mais Lam, c’est comme la vérité cachée qu’on ne veut pas que vous connaissiez.

Skeptical Classicist (Classique sceptique)
All respect, but isn't this just retroactive mythmaking? Lam was influenced by Picasso. He moved in Surrealist circles. Why elevate him to anti-colonial prophet just because he wasn’t French?

Tout respect dû, mais ceci n’est-il pas simplement de la mythification a posteriori ? Lam a été influencé par Picasso. Il évoluait dans les cercles surréalistes. Pourquoi l’élever au rang de prophète anti-colonial juste parce qu’il n’était pas français ?

Brooklyn Art Student (Étudiante en art de Brooklyn)
Okay, but 'just because he wasn’t French'? That’s like saying 'just because he was in a colony' — those conditions shaped everything. His hybridity isn’t a footnote, it’s the main text. You can't judge Lam by Parisian standards — that’s the whole point.

D’accord, mais 'juste parce qu’il n’était pas français' ? C’est comme dire 'juste parce qu’il était dans une colonie' — ces conditions ont tout façonné. Son hybridité n’est pas une note de bas de page, c’est le texte principal. On ne peut pas juger Lam selon des critères parisiens — c’est justement tout le propos.

Cuban Expat in Madrid (Cubain expatrié à Madrid)
Back home, Lam wasn’t 'rediscovered' — he never disappeared. He’s taught in schools, his face is on cultural posters. The West treating him like a 'hidden gem' feels like cultural amnesia. You ignored us for decades, now you're mining us for relevance. Funny how that works.

Chez nous, Lam n’a pas été 'redécouvert' — il n’a jamais disparu. Il est enseigné à l’école, son visage est sur les affiches culturelles. Que l’Occident le traite comme un 'joyau caché' donne l’impression d’une amnésie culturelle. Vous nous avez ignorés des décennies, et maintenant vous nous exploitez pour rester pertinents. Drôle comme ça marche.

Museum Development Officer (Responsable des partenariats muséaux)
Let’s get real: big exhibitions need big donors. Lam’s show is sponsored by a bank with a questionable colonial legacy. Is that hypocrisy? Maybe. But does it at least bring his work to millions? Undeniably.

Soyons réalistes : les grandes expositions ont besoin de gros donateurs. L’exposition Lam est parrainée par une banque aux antécédents coloniaux discutables. C’est de l’hypocrisie ? Peut-être. Mais est-ce que cela permet au moins de faire découvrir son œuvre à des millions de personnes ? Indéniablement.

Postcolonial Theory Grad Student (Doctorante en théorie postcoloniale)
The real question isn’t whether Lam ‘deserves’ to be in MoMA — he clearly does. It’s whether MoMA, as an institution shaped by colonial capital, can ever legitimately hold him. Can a museum built on extraction truly honor resistance?

La vraie question n’est pas de savoir si Lam ‘mérite’ d’être au MoMA — c’est clairement le cas. C’est de savoir si le MoMA, en tant qu’institution façonnée par un capital colonial, peut légitimement l’abriter. Un musée construit sur l’extraction peut-il vraiment honorer la résistance ?