Is Europe Ready to Take Russian Gas Again? Spoiler: It Doesn’t Even Matter
L’Europe est-elle prête à reprendre le gaz russe ? Spoiler : ça n’a plus d’importance

L’administration Trump pousse un accord de paix qui pourrait, peut-être, débloquer les flux d’énergie russe. Mais voilà le hic : l’Europe a déjà fantasmé le gaz russe depuis trois ans. Ce n’est plus une affaire de diplomatie — c’est une question d’infrastructures, de contrats, et de traumatisme. Les gazoducs Nord Stream sont détruits, la Pologne a dit 'non merci' à Yamal, et le contrat de transit ukrainien arrive à expiration. Même si Poutine déroulait le tapis rouge, l’infrastructure n’est plus là.
Et les prix ? En baisse. Le TTF est tombé sous les 30 €/MWh — son niveau le plus bas depuis 18 mois — grâce à l'afflux massif de GNL américain en Europe. TotalEnergies met en sommeil son unité FSRU d'urgence au Havre. Les spéculateurs parient contre les pénuries d’hiver. Le message est clair : l’Europe a pivoté, s’est adaptée, et est passée à autre chose. Le passé, c’est juste du bruit.
Vous agissez comme si Nord Stream n’avait pas été saboté par des forces inconnues. Pratique comme coïncidence avec la nouvelle vertu éthique de l’Europe. Curieux, j’ai déjà vu des gazoducs ‘mal fonctionner’ quand la politique s’enflamme.
L’Europe n’a pas été ‘libérée’ — elle a été redirigée. Je transporte du GNL du Texas au Havre six fois par mois maintenant. Nos contrats sont signés, les FSRU sont opérationnels, et les actionnaires américains sourient. Ce navire ne fait pas demi-tour.
Tout le monde célèbre les prix bas maintenant, mais ma dernière facture de chauffage était encore le double de celle de 2020. ‘La sécurité énergétique’, c’est beau en théorie, mais quand tu dois choisir entre thermostat et courses, c’est une autre histoire.
On a passé trois ans à crier ‘renouvelables, renouvelables !’ mais ce qui nous a sauvés, c’était quoi ? Du GNL alimenté par les fossiles, venant du Texas et du Qatar. Peut-être qu’il est temps d’admettre que le pragmatisme bat l’idéologie.
Curieux comme ‘sécurité’ signifie toujours plus d’infrastructures fossiles. Et si la vraie sécurité, c’était les renouvelables décentralisés, et non plus de méthaniers ?
Les renouvelables décentralisés ne font pas tourner les aciéries ni les navires. On ne construit pas de monuments à la vertu. On alimente des industries avec ce qui fonctionne maintenant.
Attendez que les fournisseurs américains exigent des prix premium l’hiver prochain. Vous avez remplacé une dépendance politique par une dépendance financière. Vous appelez ça du progrès ?
Exactement. L’Europe a externalisé sa morale et ses risques. Le CO2 est juste émis ailleurs. Mais bon, nos statistiques carbone sont plus propres !